Une description succincte : "blog professionnel à tonalité introspective, plus descriptif qu'argumentatif".
Et si je devais résumer en une formule son objectif général, je dirais quelque chose comme : partager pour apprendre. Rien d'original, d'ailleurs, c'est en fait probablement l'objectif principal de tout blog.
Mais on peut en décrire un peu plus en détails les principales caractéristiques en distinguant trois dimensions.
(Bien entendu, pour l'instant, c'est un portrait par anticipation. Il s'agit surtout d'expliciter, pour moi et pour le lecteur, ce qu'on peut attendre de la suite des évènements.)
- La fabrication, ou plutôt l'émergence - parce qu'il y a beaucoup plus de spontanéité que de calcul - d'une identité narrative (P. Ricoeur) et dialogique (C. Taylor) plus riche, plus "multiple".
- Une histoire : une série de conversations, plus ou moins abstraites, plus ou moins intimes, nouées - prises et reprises - dans la dimension feuilletonnesque du blog. Pour moi, une série d'expériences subjectives. Et donc une série d'expériences partagées, avec les lecteurs. Au sens strict : des expériences - états mentaux subjectifs - qui ont différents sujets, chacun en étant pleinement le sujet : j'ai un jour défendu l'existence de tels états, qui est contestée, dans un colloque international de philosophie - succès mitigé.
- La création et l'animation intellectuelle d'une - minuscule - communauté ad hoc, ou "virtuelle": la communauté des lecteurs, distincte bien que connectée partiellement à la - minuscule - communauté des "suiveurs" de mes tweets. Il s'agit d'une véritable communauté, fondée sur une histoire commune, sur des expériences partagées, pas un simple réseau structuré autour des informations échangées. Bien que ce ne soit pas nécessairement une communauté affective (même si l'amitié est encouragée...), c'est une communauté cognitive.
Ca fait trois. Je reviendrai, beaucoup, sur la notion de communauté... Une de mes obsessions du moment.
On (la société, l'entreprise) a besoin de reconceptions, mais elles doivent être personnelles.
jeudi 8 juillet 2010
mercredi 7 juillet 2010
entreprise et société
Tout le monde (ou presque) cherche à renouveler la conception traditionnelle de l'entreprise comme agent économique autonome, isolé de la société qui l'entoure. Tout le monde (ou presque) est conscient qu'une entreprise est en réalité un "écosystème" complet, une coalition d'acteurs un tissu de relations entre "parties prenantes" : dirigeants, salariés, actionnaires, clients, fournisseurs, état, collectivités, ONG, ...
Ce qui change, d'un point de vue stratégique, ce n'est pas seulement que les questions de distribution de l'information et de la réputation parmi les parties prenantes passent au premier plan, comme le pensent les spécialistes les plus éclairés de la communication et de l'opinion.
Avec la conception traditionnelle de l'entreprise, c'est toute la conception traditionnelle de la stratégie qui se trouve renversée.
L'essor des NTIC, et en particulier le développement du web 2.0, promet de rendre opérationnelle cette reconception (ai-je dit que j'empruntais le mot "reconception" au philosophe américain Nelson Goodman?). Le "reconcepteur", qui est d'abord un stratège, dispose ainsi d'une boite à outils.
Mais chaque entreprise est différente, et, ici comme ailleurs il n'y a pas de reconception générale, impersonnelle, qui soit possible. C'est donc aux parties prenantes et aux dirigeant(e)s de chaque entreprise qu'incombe fondamentalement la tâche de la reconcevoir pour la rendre plus performante, plus créative, plus vivante.
Ce qui change, d'un point de vue stratégique, ce n'est pas seulement que les questions de distribution de l'information et de la réputation parmi les parties prenantes passent au premier plan, comme le pensent les spécialistes les plus éclairés de la communication et de l'opinion.
Avec la conception traditionnelle de l'entreprise, c'est toute la conception traditionnelle de la stratégie qui se trouve renversée.
L'essor des NTIC, et en particulier le développement du web 2.0, promet de rendre opérationnelle cette reconception (ai-je dit que j'empruntais le mot "reconception" au philosophe américain Nelson Goodman?). Le "reconcepteur", qui est d'abord un stratège, dispose ainsi d'une boite à outils.
Mais chaque entreprise est différente, et, ici comme ailleurs il n'y a pas de reconception générale, impersonnelle, qui soit possible. C'est donc aux parties prenantes et aux dirigeant(e)s de chaque entreprise qu'incombe fondamentalement la tâche de la reconcevoir pour la rendre plus performante, plus créative, plus vivante.
première personne, premier sujet
J’ai toujours été fasciné par l’écriture automatique. Je suis sûr que Breton aurait adoré les blogs, bazars objectifs.
Le plus difficile : ne pas faire attention au style. Cela signifie : ne pas faire attention aux autres, à la façon dont ils vous perçoivent. “Les défauts du style sont les défauts de l’homme.” (En passant, un exemple d’usage déviant des guillemets : la transformation de citation.)
On dit que les surréalistes ont abandonné l’écriture automatique parce qu’ils faisaient spontanément des alexandrins. C’est peut-être apocryphe, mais - comme un roman qui doit viser, non le vrai, mais le vraisemblable - cet abandon me paraît tout à fait plausible et, surtout, riche d’enseignement.
Pour être authentique, la spontanéité doit être réfléchie, pilotée, contrôlée. (On pourrait dire la même chose de l'éthique... Ou comment introduire un nouveau sujet dans la conversation.)
Le plus difficile : ne pas faire attention au style. Cela signifie : ne pas faire attention aux autres, à la façon dont ils vous perçoivent. “Les défauts du style sont les défauts de l’homme.” (En passant, un exemple d’usage déviant des guillemets : la transformation de citation.)
On dit que les surréalistes ont abandonné l’écriture automatique parce qu’ils faisaient spontanément des alexandrins. C’est peut-être apocryphe, mais - comme un roman qui doit viser, non le vrai, mais le vraisemblable - cet abandon me paraît tout à fait plausible et, surtout, riche d’enseignement.
Pour être authentique, la spontanéité doit être réfléchie, pilotée, contrôlée. (On pourrait dire la même chose de l'éthique... Ou comment introduire un nouveau sujet dans la conversation.)
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